18 avril 1930 - 3 décembre 2009

Robert Briner a fait entrer l'arbitrage de la CCI dans le XXIe siècle. Il a pris ses fonctions de président de la Cour internationale d'arbitrage de la CCI en janvier 1997, à la veille d'une révision majeure de son Règlement d'arbitrage. Au cours de ses trois mandats successifs, il a supervisé l'application de ce nouveau règlement dans la pratique quotidienne de la Cour, maîtrisant avec compétence et autorité des situations souvent complexes et délicates.

Sur le plan professionnel, Robert Briner alliait une extraordinaire capacité de jugement à un esprit vif et pénétrant - qualités dont il a fait montre tout au long de sa carrière, de ses débuts comme avocat à ses fonctions de président du Tribunal des différends irano-américains et de la Cour de la CCI, en passant par ses activités d'arbitre international et de conseil au sein du cabinet Lenz & Staehelin. A tous les niveaux et dans tous les domaines, il avait le don de trouver la meilleure ligne d'action.

La mission de Robert Briner à la tête de la Cour a coïncidé avec une période d'expansion sans précédent de la CCI. Au fil de ces années, quelque trente nouveaux comités nationaux ont été fondés, dont un bureau régional en Asie auquel il s'intéressait tout particulièrement. La charge de travail de la Cour s'est dans le même temps diversifiée et élargie, le nombre de pays représentés dans les procédures de la CCI ayant dépassé la centaine et le nombre d'affaires en cours le millier. Cette croissance a été sans conteste favorisée par l'inépuisable énergie avec laquelle Robert Briner a parcouru le monde en qualité d'ambassadeur de la Cour.

Sa fidélité à la CCI ne s'est jamais démentie. Fervent défenseur du commerce international et de l'arbitrage, il se plaisait à souligner la contribution historique de la CCI à leur développement réciproque. Le Liber Amicorum publié en l'honneur de Robert Briner à l'occasion de ses 75 ans, sous le titre Global Reflections on International Law, Commerce and Dispute Resolution, reflète l'exceptionnelle étendue du spectre - tant géographique qu'intellectuel - de ses activités et de ses intérêts professionnels, ainsi que la haute estime en laquelle il était tenu. Cette estime se doublait invariablement d'une chaleureuse affection, eu égard à sa grande bonté, à son ouverture d'esprit et à sa profonde humanité.

Robert Briner laisse une épouse, Frances, et une famille qui lui ont apporté un soutien sans faille et dont les nombreux amis partagent la douleur.